Trop souvent l’idée d’identité numérique est définie par le contenu qui nous représente, que l’on a publié ou sur lequel on est cité ainsi que par sa présence sur le web en général. Un autre aspect, à ne pas négliger, est à mon sens le côté visuel de son e-identité. Essayons de voir pourquoi et comment la notion d’avatar est de plus en plus au cœur des services et des usages du web.

 

Qu’est ce qu’un avatar ?

Question évidente pour beaucoup peut-être, mais il est parfois bon de redéfinir proprement les concepts de base. Initialement la notion d’avatar vient de la religion hindouiste et d’une représentation d’un dieu. Là on est vraiment à l’origine ! Dans le monde informatique, la notion d’avatar est une représentation graphique d’une personne. Apparue initialement avec les profils dans les forums de discussion sous la forme d’une petite image, elle prend dorénavant plusieurs formes : photo, image, représentation 3D (Second Life par exemple). Il est aisé de faire la comparaison entre un pseudonyme qui masque un nom réel et un avatar qui masque une image réelle.

 

Plus puissant qu’un simple nom/pseudo ?

L’image que l’on donne sur Internet à travers son avatar contribue à améliorer sa présence sur le Web. Cependant l’avatar n’y contribue pas de la même manière qu’en laissant son nom ou son pseudo. En effet, lorsqu’on lit un nom/pseudo sur Internet on ne le retient pas forcément immédiatement et tout seul mais, en général, on lui associe un site, un article ou un service Web à travers lequel ce nom/pseudo est plus aisé à retenir. On fonctionne par association nom/pseudo <-> publication/service. En revanche, un avatar joue sur l’habitude de l’œil à voir toujours et à plusieurs endroits une même image, même représentation de quelqu’un. Sans forcément savoir qui se cache derrière, on s’habitue à cette présence et on la retient. Pour avoir un maximum de visibilité une personne doit néanmoins avoir le même avatar sur tous les services qui le proposent.

 

Un même avatar nécessaire entre les services

Depuis plusieurs mois, on voit une réelle multiplication sur le Web des services proposant d’avoir un avatar. Que cela soit sur des widgets comme Mybloglog, sur les réseaux sociaux, sur les différents comptes que l’on peut ouvrir ici et là et qui n’ont a priori pas ambition à gérer une identité ou encore sur tous les services de messagerie instantanée, cette multiplication implique de nouveaux usages : apprendre à gérer l’image, au sens propre du terme, que l’on véhicule. Il faut pour cela diffuser sur tous ces services et de manière unanime un même avatar. Le jour où l’envie vient de changer d’avatar, il devient dès lors nécessaire de le faire sur tous les services qu’il utilise pour espérer garder sa présence en ligne après que les utilisateurs se soient aperçus du changement et s’y soient habitué.

 

Une centralisation de son avatar ?

Lorsque l’on y réfléchit, on se rend compte que la notion de centralisation d’avatars prend alors tout son sens. En effet, alors que la notion de centralisation de son identité numérique est de plus en plus sujet d’actualité (openID par exemple), on peut aisément imaginer que ce même concept pourrait trouver application dans la gestion de son avatar. Des exemples concrets existent déjà : on peut par exemple parler de gravatar (service utilisé sur ce blog pour proposer l’avatar des personnes qui postent un commentaire). Avec ce service, il devient facile de gérer son identité numérique visuelle à travers un unique service. Lorsque l’on change cet avatar sur ce service, tous les autres sites Internet qui se basent sur gravatar, voient l’avatar en question changer immédiatement.

 

Naissance de nouveaux avatars intelligents

Plus récemment, de nombreux services ont fleuri sur le Web en proposant de créer, d’importer, d’imaginer, de dessiner son propre avatar et cela que ce soit pour une messagerie instantanée ou pour son avatar en général sur le Web. Même si certains ne proposent qu’une simple représentation graphique, statique ou animée, d’autres poussent ce concept encore plus loin en proposant des avatars animés et intelligents. Je parle ici, vous l’aurez peut-être compris, de Skaaz par exemple. Ce service, dont j’avais assisté au lancement la semaine dernière, vous permet de créer un petit bonhomme vous représentant et ayant des facultés d’intelligence artificielle pour converser avec la personne qui s’adresse à lui. Derrière tout le côté réseau social créé autour de ce concept, l’idée fondatrice d’avoir un avatar animé intelligent révolutionne la notion de gestion d’identité numérique visuelle. En effet le concept est alors encore plus complexe qu’une simple représentation mais donne vie à l’image que vous pouvez donner sur le net. Vous trouverez à ce propos une vidéo de Thierry Bézier sur le sujet que je vous invite à consulter.

 

En conclusion

si cette notion est pour beaucoup une évidence et si l’on voit au quotidien évoluer cette idée d’identité virtuelle visuelle, en prenant un peu de recule on se rend compte de l’impact que cela peut avoir sur sa communauté, sur sa visibilité sur le Web mais aussi des enjeux et des difficultés que cela peut être pour la gérer. Avec l’émergence de services nouveaux comme Skaaz, les possibilités s’en voient démultipliées et les difficultés de gestion se compliquent avec. Là où avant il ne s’agit si que de fournir une image, on voit clairement se dessiner un nouvel enjeu : celui de gérer, en plus de ses publications de sa visibilité, l’image concrète que l’on donne sur le Web. Il s’agit là encore un exemple des évolutions de mœurs est d’usage sur le Web.
Par ailleurs si dans la vie réelle la notion d’identité visuelle est prépondérante et implicite, on se rend compte que sur le Web cette notion commence de plus en plus à gagner en importance et logiquement à se placer en tête de la visibilité qu’on donne.
Enfin comment parler d’une gestion d’identité numérique visuelle sans parler de ceux qui justement restent anonymes : si un certain nombre d’avatars sur le Web ne sont qu’une simple photo de leurs auteurs, beaucoup d’internautes préfèrent choisir comme avatar une représentation graphique, imagée, symbolique ou seulement un dessin et se cacher ainsi d’une certaine manière derrière un masque. On retrouve alors clairement l’idée originale du pseudonyme derrière lequel on se crée une identité virtuelle différente de la réelle.

Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que l’identité numérique visuelle gagne en importance ou n’est qu’un simple reflet de la gestion d’une identité numérique générale ?