Cet article a été rédigé en co-blogging avec

  Sébastien Simoni
xFruits.com
 
  Jérôme Pietri
WebzineMaker

Depuis que cette nouvelle tendance 2.0 se dessine, nombreux sont ceux qui en parlent, l’analysent, en présentent les derniers services et en suivent l’évolution. Dans une très grande majorité, ces services ou cette actualité nous provient des Etats-Unis ou de l’Europe et plus particulièrement de la France qui continue de bien évoluer dans ce sens et qui suit de près les USA très productif sur Internet depuis toujours. Si on jette un œil à cette carte mondiale des start-up 2.0, on peut aisément situer l’origine de l’innovation :

Certes cette carte (qui continue de se remplir) est loin d’être complète et ne représente en rien la réalité mais donne une idée de la concentration américaine dans ce domaine.
Mais alors comment évolue Internet dans les autres pays ? Suivent-ils les avancées du 2.0, innovent-ils eux aussi ? La question à la quelle je souhaite aujourd’hui répondre est surtout : Qu’en est-il du Japon, ce fameux pays qui a toujours eu la réputation d’être en avance sur l’Europe et même sur les Etats-Unis dans les domaines technologiques et de la téléphonie mobile ?
Pour m’aider à répondre à cette question, j’ai demandé à deux membres de la société WezineMaker (éditrice, entre autres, du célèbre xFruits dont je vous parlais récemment ) de me donner leur avis sur le sujet puisqu’il rentre d’un voyage professionnel d’une semaine durant lequel ils ont travaillé avec leurs correspondants locaux. Je remercie donc Sébastien et Jérôme de leur participation pour ce billet sur un sujet aussi obscur qu’intéressant !


Le Japon pourrait-il être passé à coté du 2.0 ?
Evidemment non ! Il serait difficile de croire qu’un pays comme le Japon soit passé à côté d’une telle évolution/tendance sur Internet. Il faut savoir que le Japon est le 3ème marché mondial en termes de nombres d’Internautes avec 53.6 millions de japonais connectés au web. De plus, le Japon s’est toujours positionné sur le développement rapide de la téléphonie mobile et a toujours eu, sur ce plan, une grande longueur d’avance sur tout autre pays. Naturellement, Internet a donc atteint rapidement les téléphones portables avec la 3g et déjà la 4G depuis plusieurs années alors qu’elle n’est encore qu’à ses prémisses en France. Le Japon est donc très friand de technologies liées ou non à Internet. Imaginer que les japonais n’est pu voir la vague du web2.0 arriver semble bien improbable. En outre si l’on regarde sur Google Trends ce qu’il en est des recherches sur le web2.0 dans le monde on s’aperçoit très vite (et à mon grand étonnement) que le Japon est en tête :

 


Pourquoi le Japon nous semble-t-il si isolé ?
Une des raisons les plus évidentes est sans nul doute la barrière de la langue. Internet a parmi ses nombreux avantages d’annihiler beaucoup de barrières et de rapprocher les gens. Les communautés se forment généralement autour de la langue anglaise assez universelle sur Internet. Même si bon nombre de japonais le parlent, il n’en reste pas moins qu’il ne s’agit pas de leur langue maternelle et donc pas la meilleure manière pour eux de s’exprimer. Le japonais en tant que langue est donc généralement celle sui est choisi pour le développement d’un site Internet japonais. Possédant son propre alphabet bien loin de nos caractères occidentaux. La conséquence directe est évidemment d’empêcher tout site en japonais de figurer dans la moindre requête faite sur un moteur de recherche occidental. Vous ne trouverez jamais de site japonais dans vos recherches Google ni même de nom de domaine en .jp.


Marchés américain, français et japonais : des similitudes ?

La nuance que l’on peut tout d’abord préciser est que les acteurs américains du Web 2.0 ont la chance d’être connu du monde entier alors les acteurs français sont très mal connu. En ce qui concerne le marché japonais, il me semble indispensable de disposer d’une version localisée en Japonais afin d’avoir d’une part un site en japonais mais aussi une équipe prête à en faire le marketing en connaissant les mœurs si spéciales au Japon (on peut citer, en exemple, xFruits, TechCrunch ou encore Technorati). Il en résulte un marché fermé (toujours à cause de la langue entre autres) qui, même si comme nos marchés occidentaux suit les évolutions d’Internet, n’avance pas à la même vitesse que nous autres. Les grandes multinationales du web n’y sont d’ailleurs pas toutes complètement implantées comme Yahoo qui n’est qu’une licence au Japon… Et WezineMaker a d’ailleurs choisi de signer des partenariats avec des entreprises locales pour approcher ce marché.


Les fondamentaux du web2.0 (centralité de l’utilisateur, collaboration, participation, digg-like ou autre) sont-ils les même qu’en Occident ?
On retrouve beaucoup de ces notions au Japon évidemment. Par exemple, il existe un concurrent local de Youtube dont l’originalité réside dans un système de commentaires en temps réel sur les vidéos. En fait à chaque fois que vous lisez la vidéo, apparait sur votre droite ce qui ressemble à un chat. Il s’agit en fait des commentaires déposés sur la vidéo en respectant la timeline. En repoussant les limites du 2.0, le Japon a aussi développé une notion de réseaux sociaux qu’on appel là bas SNS pour Social Network System vraiment beaucoup plus développé qu’en France. Cela doit surement être le reflet d’une organisation social (hors de la matrix J ) plus collective qu’en Occident.


La téléphonie mobile très développée au Japon intègre-t-elle déjà des services 2.0 ?
La téléphonie mobile est particulièrement développée, je pense que cela tient à un point principal : le SMS n’existe pas. Là-bas, tout le monde utilise les e-mails qui sont gratuits et illimités. Par exemple il existe un moteurs de recherche basé sur l’envoie de requêtes par e-mail qui est très pratique. Autre innovation le QRcode, une sorte de code barre en 2 ou 3 (couleurs) dimensions qui permet de faire de l’acquisition de données à l’aide de l’appareil photo de son mobile. Mais la RFID (puce émettrice/réceptrice par ondes radio)  fait sont apparition également et permet par exemple d’utiliser son mobile comme un moyen de paiement. Mais le dernier appareil à la mode c’est un téléphone capable de recevoir la TV digital avec un écran capable de passer du mode portrait à paysage, assez sympa … Pour ce qui est des services 2.0 à proprement parlé, nous n’avons pas vraiment d’infos sur le sujet… si quelqu’un veut nous en dire plus ^_^


Le marché japonais d’Internet est-il influencé par l’Occident ou complètement marginal ?

Les personnes qui créer des services web là-bas ont une culture très proche de la notre. Donc les ponts existent obligatoirement, maintenant le marché japonais est aussi relativement fermé ce qui peut donner l’impression d’une bulle à part. En outre, le marché japonais étant déjà très conséquent (53.6 millions de japonais connectés au web), cela n’incite pas forcément les startups japonaises à rechercher une visibilité internationale immédiatement mais à se contenter d’inonder leur propre marché.


Qu’en pensez-vous ?

N’ayant pas personnellement ni vécu ni même visté le Japon il m’est difficile d’avoir un avi propre sur le sujet et beaucoup de questions me viennent en tête sans trouver de réelles réponses sur le web. Ce billet est premier jet sur le sujet. Peut-être que parmis vous, certains connaissent le Japon et pourrons nous en dire un peu plus ! Je n’hésiterai pas d’ailleurs à refaire un billet sur certains aspects du web2.0 au Japon s’il y a matière dans vos commentaires.